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lundi, 12 novembre 2018 10:26

Un peu d'Histoire

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D'après "Il y a cent ans... UN VILLAGE QUERCYNOIS" fascicule N°1 "Au fil des siècles" du R.P. G. DELBOS. Dessins de Simone Trisson.

LA PREHISTOIRE

Son existence est attestée vers la fin du IVe millénaire avant Jésus-Christ. La population vivait alors sous la falaise qui s'étend vers l'ouest de l'actuelle localité. La tradition le rapporte. Des traces encore visibles d'habitations le confirment, notamment des trous creusés dans la roche pour recevoir la charpente. Un très vieux cimetière, au milieu duquel, par la suite, a été construit un pigeonnier que l'on voit encore, témoigne d'une implantation humaine dans les environs. Surtout des fouilles récentes, pratiquées dans le sol d'une caverne dite "Crosa de la Mostarda", interdisent le moindre doute à ce sujet.
Conduites, plusieurs années durant, par une équipe compétente dirigée par M. Sauteron, elles ont révélé que l'homme a vécu sous cette falaise, au moins depuis le Chasséen. La découverte d'une très belle poterie datée de cette période, par M. Clottes, Directeur de la Circonscription préhistorique de Midi-Pyrénées, en fait foi. Peut-être aussi la présence, reconnue par un collaborateur de M. Clottes, d'ossements humains, au niveau de cette falaise, dans une galerie souterraine, explorée par le groupe spéléologique de Figeac-Capdenac - et notamment un faycellois : Jean-Claude Labascoules - à partir de la "Crosa del Pesquier" où prend sa source le ruisseau de Gaillot (2).
L'exploration de la "Crosa de la Mostarda"a donné, en gros, la stratigraphie suivante, en remontant les couches. Par 2,30 m environ de profondeur, de la poterie chasséenne, dont le vase mentionné plus haut ; vers 2,10 m, des tessons ocres et grisâtres, de facture grossière ; vers 1,95 m, une perle de collier en calcite, de forme et de dimension rigoureusement identiques à celle qui a été découverte sous le dolmen du Mas de Bessières, et qui a été datée du néolithique ; ainsi qu'une petite rondelle de bronze de 1,2 cm de diamètre ; Vers 1,80 m, une lame et des éclats de silex ; vers 1,65 m, un niveau très riche en ossements humains d'adultes et d'enfants, un pectoral taillé dans une défense de sanglier, poli ensuite ; vers 1,50 m, de la poterie gallo-romaine précoce, notamment cordée, de la fin de la Tène III, et en particulier une jarre funéraire, probablement à incinération, comme en témoignait à l'intérieur un mélange de cendres et d'os ayant subi l'épreuve du feu ; vers 1,35 m, de la poterie médiévale ; vers 1,05 m, des tessons médiévaux et gallo-romains tardifs, mélange très compréhensible si l'on songe que la répartition des débris jetés d'en haut ne se faisait pas également sur toute la surface, le cône de déjection ayant normalement tendance à monter plus vite au centre ; vers 0,90 m, des fragments de vases de la période médiévale ; vers 0,60 m, des traces de foyers et d'ossements d'animaux. Enfin, presqu'en surface, un squelette humain décapité (la tête a été retrouvée seule à quelques mètres de là) qui a été daté de 1210 environ par le Centre des Faibles Radioactivités de Gif-sur-Yvette.
Peut-on rêver d'un livre de famille plus précieux et plus précis que cette caverne dont il suffit de tourner en quelque sorte les pages, en effeuillant successivement les couches, pour y lire le passé des habitants de Faycelles, depuis le lointain Chasséen jusqu'au mouvement communal du XIIIe siècle de notre ère, en passant par le néolithique, le gallo-romain précoce et tardif, et par les différentes phases du Moyen Age (3).
Sans parler, bien sûr, des autres vestiges relatés ailleurs et qui témoignent dans le même sens, à savoir : les trois dolmens de Ferrières, de la Pierre Levée et du Mas de Bessières ; peut-être même d'un quatrième, aujourd'hui disparu, situé dans un autre lieudit, "Péira Levada", distinct de celui de Settemont, mentionné par Champeval de Vyers, et qui devait se trouver quelque part au carrefour des chemins de Balaguier à Fons et de la Graville Basse à Lascamps (4) ; les cinq haches de pierre déjà répertoriées auxquelles il convient d'ajouter une sixième récemment découverte (5).

Oui, Faycelles est un village très ancien.


LA PERIODE GALLO-ROMAINE.


Elle a laissé à Faycelles des traces nombreuses.
Outre l'abondante récolte de débris de poterie de cette époque recueillie dans la "Crosa de la Mostarda" ainsi qu'il vient d'être dit, quatre implantations de cette période ont été reconnues : à Settemont près de la Graville, au Cuzoul sur la route qui va du Mas du Noyer à la Cassagnole, au Pas du Rieu à la jonction de la plaine du Lot et des collines, au Mas de Vinance , dans le "Camp d'Andral" N° cadastral = 3 sur la parcelle Z-B. Partout, la tuile à rebord abonde. Les tessons récoltés permettent de dater l'implantation, de la Tène III au début du second siècle après J.C. La provenance de cette poterie est diverse. Certains fragments viennent de Gaillac, près de Cajarc, comme il ressort de la confrontation des motifs de décoration avec les travaux de M. Pauc sur ce site (6). D'autres sont d'origine étrangère : notamment une panse d'amphore, peut-être importée d'Andalousie, et divers débris, en provenance de Mon-tans sans doute, aux dires de M. Fouet, à l'expertise duquel ce lot a été soumis. D'autres, enfin, sont indigènes : la tradition gauloise est fortement représentée dans l'ensemble de la récolte. Ajoutons qu'à proximité, sur l'autre rive du Lot, en face de Gaillot, et au-dessous du Mas du Causse, dans un champ qui borde la route d'Ambeyrac à Lamadeleine, en dépit de deux millénaires ou presque de culture, et des divagations fréquentes de la rivière, l'abondance de la poterie gallo-romaine, récoltée à fleur de sol, après chaque labour, est telle qu'elle semblerait indiquer l'existence à cet endroit d'un atelier de potier particuliè-rement important, et comportant au moins cinq foyers à en juger par la répartition des tessons (7).
Il semble aussi qu'un temple romain ait existé jadis à Rigant, dénommé aujourd'hui Eglise Basse en souvenir de l'édifice chrétien qui lui succéda, qui fut désaffecté au XXVIIIe siècle, vendu comme bien national lors de la Révolution et dont il ne subsiste que des ruines. C'est là que se trouve actuellement le cimetière, toujours en service, et qui n'est autre qu'un de ces "cimetière de campagne" tels qu'on les implantait jadis avant notre ère, à distance des agglomérations par crainte des morts, que l'on enclouait parfois dans leur cercueil pour les empêcher de revenir inquiéter les vivants. Or, en 1968, le fossoyeur a découvert, à un niveau inférieur à celui de l'ancienne église, en un point qui ne permet d'établir aucune relation architecturale avec l'édifice chrétien, une base de colonne qui a été identifiée comme ayant appartenue à "un temple romain de campagne" et qui a été datée du IIe ou IIIe siècle après J.C. par un professeur d'archéologie de Rome, consulté à notre demande par le Docteur Lamasson qui nous a transmis le résultat de l'expertise.

Publié dans Le village

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